Un antibiotique élaboré grâce au panda géant

Source : journal Métro du 10 janvier 2013

Santé

Des chercheurs ont découvert dans l’organisme du panda une molécule possédant un grand pouvoir antimicrobien. À terme, elle pourrait servir à élaborer des médicaments pour les humains afin de combattre les bactéries les plus résistantes aux antibiotiques.

De plus en plus rares, les pandas géants pourraient pourtant devenir indispensables aux hommes. Des chercheurs chinois expliquent dans la revue Gene avoir décelé chez ce mammifère une propriété médicale hors du commun : un système immunitaire plus que combatif puisque capable de fabriquer son propre antibiotique.

Au sein du Genomics Institute de Shenzhen, ces derniers se sont attelés à séquencer le génome de l’animal, c’est-à-dire à analyser l’ensemble de son matériel génétique pour déterminer la succession de toutes les bases qui composent son ADN. Ils ont ainsi découvert que le panda possédait 21 000 gènes (l’Homme en possède environ 30 000).

Aucune distinction entre les bactéries

L’un de ces gènes a particulièrement attiré leur curiosité. Il permet en effet à l’organisme du panda de fabriquer une molécule du nom de cathélicidine-AM. Cette substance chimique permettrait à cet ursidé de se protéger des infections puisqu’elle aurait la même action qu’un antibiotique, mais en plus efficace.

Et pour cause : la cathélicidine-AM serait capable de cibler plusieurs types de bactéries pathogènes. Sans compter sa capacité d’action sans égale : une heure au lieu de six pour les médicaments classiques. “Cela a montré une réponse anti-microbienne potentielle contre un large spectre de micro-organismes comme les bactéries et les champignons standards et même les souches résistantes aux médicaments”, explique au Telegraph le chercheur Xiuwen Yan.

Après cette découverte, les chercheurs ont synthétisé la cathélicidine-AM en laboratoire afin d’élaborer un traitement contre les bactéries difficiles éradiquer dans l’organisme humain. D’autant que selon eux, d’autres médicaments potentiels pourraient se cacher dans le génome du panda. Des recherches qui prouvent la nécessité de sauvegarder ces animaux en voie d’extinction : ils ne sont plus que 1600 à vivre à l’état sauvage et leur reproduction s’avère difficile.